Histoire
La "der" de Charles Maignien
Charles Maignien, défenseur de la viande de qualité et de l'artisanat, quitte la Foire après 30 ans de présence.
C harles Maignien est un Monsieur. Un Monsieur discret, qui jamais ne parle de lui, et qui pourtant est connu et aimé de tous. Un Monsieur qui vient de vivre sa trentième - et dernière - Foire.
Patron régional d'Interbev, l'association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes, il a aidé depuis trois décennies sur la Foire de Dijon, par ses conseils, par ses dons, par mille autres moyens, tous ceux qui, à un moment, l'ont sollicité pour promouvoir la viande et l'artisanat, chers à son cœur.
Sa carrière a débité en 1967, comme élève berger, à la bergerie nationale de Rambouillet, un établissement créé en 1786 par Louis XVI pour accueillir les premiers moutons Mérinos que l'Espagne acceptait de donner à la France. Sur ce mouton, il est intarissable : « le premier troupeau est venu à pieds de Saragosse. Aujourd'hui, il compte 160 mères et 40 béliers, qui sont tous issus directement de cette période. Le troupeau a survécu à la Révolution, à l'Empire, à la Restauration, et aux Républiques. » Charles Maignien a aussi été missionné aux îles Kerguelen, pour prendre en charge… un troupeau de mérinos de Madagascar, un élevage de canards, un élevage de cochons et il a travaillé au sein de SICA 21, un groupement de producteurs, à la Charolaise, à la chambre régionale d'agriculture avant de se consacrer, avec passion, à l'interprofession.
Sa retraite n'en sera pas vraiment une : il, achève, sous l'autorité de l'interprofession, la restauration des fameuses bergeries royales, prépare le troupeau et remet en état les bâtiments pour accueillir l'an prochain la 8e Conférence mondiale mérinos. On ne se refait pas…
Ensuite, il « continuera à aider », mais veut se consacrer aux livres anciens (sa seconde passion), à « caresser les buissons et les vieux châtaigniers de l'Ardèche », d'où il est originaire. Une vie d'homme sain.
GILLES DUPONT